VILLA JOHANIS, VILLEGENYS, VILLEJENIS, VILLEGENIS, VILLEGINIS, VILGÉNIS

Au XIIe siècle, le seigneur de Massy de l'époque, Jean de Macy partage son domaine entre ses trois fils : Guillaume prend la succession de son père, Aymon fonde la Villa Haymouis ou Vilaine et Jean crée la Villa Johanis ou Villegenis. 

Les propriétaires successifs connus en furent :

D'après un plan de l'Archevêché de paris datant de 1728, l'orthographe est « Villeginis » (Bibliothèque historique de la ville de Paris). Cette même orthographe se retrouve très souvent au XVIIe siècle. Sur un plan de Verrières de 1738, on voit le profil du château de « Virginy » avec ses quatre tours.

C'est sous l'orthographe Villejenis que l'Abbé Jean Lebeuf mentionne le domaine, en relation avec Macy (Massy) et Igny, dans son ouvrage Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris (1754)

C'est sous celle de Villeginis qu'Antoine Nicolas Dézallier d'Argenville décrivit le château en 1769, dans son livre « Voyage pittoresque des environs de Paris »

Et c'est sous celle de Villegenis que Jacques Antoine Dulaure décrit le château en 1787 dans son livre Nouvelle description des environs de Paris.



Jérôme Bonaparte
Plaque entrée

Plaque entrée (ACMN)



Armoiries de Vilgénis

Jean Morcelet


Fronton du château de Vilgénis
Blason de Jérôme Bonaparte

Gravure Villegenis Juin 1860

Le château de Villegenis où est morte
Son Altesse le prince Jérôme Bonaparte

Gravure extraite du « Monde Illustré » n°168 de Juin 1860

Chapeau de Napoléon avec cocarde

Chapeau de Napoléon

Google Earth


Au cours des travaux menés par Jérôme Bonaparte, la Bièvre fut aménagée en « Chapeau de Napoléon » avec une île artificielle figurant la « Cocarde ». Au fil du temps, cet aménagement a subit quelques déformations comme on peut le voir sur cette photo satellite.

Délibérations entre le Conseil Municipal de Massy et le Prince Jérôme Bonaparte



Le château fut agrandi en 1852 par le prince Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon 1er qui acheta le domaine et y vécut 8 ans. Jérôme Bonaparte, à la suite de conventions avec le roi Louis-Philippe pour être réintégré dans ses droits de citoyen français, fut autorisé en 1847 à habiter provisoirement Paris avec son second fils. La révolution de 1848 mit fin à l'exil de la famille Bonaparte. Rentré alors dans ses droits de Français et d'officier général en activité, il fut le 23 décembre 1848 nommé gouverneur des Invalides et maréchal de France le 1er janvier 1850. Le 28 janvier il fut choisi pour présider le Sénat, et prononça le 4 novembre un discours très remarquable en ouvrant la délibération sur le message relatif au rétablissement de l'empire.

Réintégré quelques jours après dans ses droits de prince français, il résigna ses fonctions et fut déclaré, ainsi que son fils Napoléon, apte à succéder à l'empereur, pourvu d'une maison militaire, d'une liste civile, doté des résidences de Meudon et du Palais-Royal, et appelé plusieurs fois à présider le conseil des ministres en l'absence de l'empereur Napoléon III.

Attaqué une première lois, le 13 décembre d'une inflammation pulmonaire, il fut atteint plus sérieusement en 1860 et succomba le 24 juin en son château de Villegenis. Ses funérailles eurent lieu le 3 juillet et il fut inhumé dans l'église des Invalides, où M. Cœur, évêque de Troie, prononça son oraison funèbre.


Madame Corey était une cantatrice américaine qui avait créé, aux États-Unis, l'opérette « La Belle de New-York » que j'avais vu jouer à Londres, dans ma jeunesse. Mrs Corey possédait une belle voix de contre alto. Elle charma un milliardaire américain, roi de je ne sais quoi, qui divorça pour l'épouser. Elle ne chanta plus, vint habiter la France où son richissime mari lui fit don du beau domaine de Vilgénis et de son château, près de Paris, où le roi Jérôme, Bonaparte, de Westphalie avait terminé sa remuante carrière. C'est mort, qu'il fut transporté au Palais-Royal, à Paris.

Un jour, Madame Corey, faisant visiter la royale demeure à un érudit français, lui dit : « Je vais vous montrer la chambre où Napoléon-Bonaparte est mort ». Pardon, riposta l'érudit, c'est de Jérôme qu'il s'agit et Mrs Corey de répliquer : « Oh ! Vous savez c'est toujours un Bonaparte et c'est donc la même chose. »

Elle avait, américaine de naissance, une notion rudimentaire de l'histoire de France.

Le château, petit mais ravissant, nimbé de poésie romanesque, était entouré de jardins très bien entretenus et d'un vaste parc boisé. Mrs Corey disparut de l'horizon, les jardins ne furent plus entretenus. Le marquis de Castellane disait : « C'est une belle culture d'orties ». Il restait cependant, à l'état sauvage, des massifs, des buissons de rhododendrons, une forêt de seringas qui embaumaient au printemps et un vieux jardin romantique avec des arcades de roses, proche de la petite chapelle en ruine et où des fleurs non cultivées s'entêtaient à fleurir et à s'épanouir, superbes, en souvenir probablement du roi Jérôme.

Salle à manger

Gustave William Lemaire - Ministère de la Culture
Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine


La salle à manger - Autres photos

Vol des perles de Mrs Corey

Le Journal 15 juin 1923

L'endroit était idyllique, le désordre de la nature, qui permettait au caprice la liberté de sa fantaisie envahissante, dispensait un charme sentimental évocateur du passé impérial et des parcs à l'anglaise. L'intérieur était peu meublé, trois ou quatre pièces énormes ; Une petite salle à manger, au rez-de-chaussée, possédait de belles fresques peintes par Isabey et représentant des paysages.


Aigle au fronton du château

La guerre et l'occupation ont, depuis, ruiné l'intérieur du château ; le parc et de beaux arbres sont les seuls témoins de l'époque impériale et des séjours de Mrs Corey.

Heureusement Air France a établi, dans ce lieu historique, son école d'apprentissage et réparé le château de Jérôme Bonaparte. Elle permit ainsi de conserver un patrimoine et de maintenir aux deux frontons le glorieux aigle impérial et les armoiries sculptés dans la pierre.


Bien avant la guerre, Madame Corey parcourait le domaine à cheval et des témoins oculaires prétendaient l'avoir vue, des jours de printemps, monter, nue et à cru, un superbe alezan et galoper dans le parc.

A. Guérin - France Aviation n°93 - Août 1962



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